Pour une alliance européenne efficiente.


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Deutsch : Pour une alliance européenne efficiente.

Edito / billet d’humeur, - Décembre 2010


JG Zacagna

« Penser en guerrier, agir en stratège »

-  Ceux qui croient encore à une Europe intégrée (stratégique, militaire, politique, économique, culturelle et sociale) s’emploient au développement d’une ossature, d’une colonne vertébrale a minima franco-allemande (France + Allemagne... ). Ces deux pays représentant à eux seuls près de 45 % du PIB européen).

L’attelage franco-allemand, même s’il demeure la clé de voûte de la construction européenne, a perdu, tel quel, de sa pertinence. Il est déjà quelque peu dépassé. Les équations se modifient progressivement, même si, dans notre vieille Europe, le rythme du changement reste celui de la tectonique des plaques . Ainsi voit-on, au niveau des stratégies industrielles se profiler (et plus que cela) une zone de concentration dite zone DACH (Allemagne + Autriche + Suisse). Les axes et échelons pertinents aujourd’hui, sont, à notre sens : 1 - celui des « Dach-französische Beziehungen », et 2 – celui du « Triangle de Weimar » (France-Allemagne-Pologne) . Leur croisement définit ainsi un périmètre stratégique : France-Zone DACH-Pologne.

- On est en droit de s’interroger sur la myopie, assez consternante, des brillants « géostratèges » gaulois (voulez-vous des noms ?!) qui espèrent encore, entre deux vagues atermoiements (UPM, convergence des fiscalités, blablabla...), "lancer" in extremis un "axe" Paris-Berlin-Moscou, alors qu’hélas l’actualité ( la vraie, pas la rhétorique), la réalité qui se dessine, c’est plutôt un axe sans Paris, c’est l’axe Berlin-Varsovie-Moscou . Et que plus grand chose ne se lance avec Paris,..

- Au niveau du Cercle Economique Franco-Allemand du Nord Pas de Calais, il nous reste à mobiliser le win-win patient, humble et pourtant patent des synergies franco-allemandes.

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A activer, enfin, le formidable potentiel de complémentarités entre entreprises françaises et allemandes (même si les Allemands n’attendent plus grand chose), à faire, secteur par secteur, branche par branche, ce qu’Alstom et Areva n’ont pas voulu faire avec Siemens, ce qu’ATOS vient de réaliser avec la branche informatique de Siemens : une alliance européenne cohérente, pertinente et efficiente.

- Voulez-vous des noms d’entreprises du NPDC ?
Il y en a beaucoup, des emblématiques et des moins connues, qui gagneraient immanquablement au développement de telles synergies avec des partenaires de la zone DACH (Allemagne, Autriche, Suisse], si leur vision était plus réaliste, plus efficace et moins cocardière ...

Jean-Gabriel Zaccagna
Président du Cercle Economique Franco-Allemand du Nord-Pas de Calais.



P.-S. D

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    • 31 janvier 2011, par Vincent Didry

      Bonjour,
      L’axe franco allemand s’est construit sur les ruines du champ de bataille. Les points forts en ont été la construction européenne, le traité de l’Elysée...
      Mais il faut noter également les centaines d’initiatives locales que ce soit sur le plan économique, culturel...
      Le stade des discours romantiques est achevé. Nous voici dans une certaine normalité. Ce n’est pas une période facile à gérer, alors que des divergences apparaissent sur les grands thèmes économiques : monnaie, intégration...
      Le partenariat économique se fait cependant tous les jours par le biais de rencontres régulières sur les salons, au cours de missions. Ces rencontres s’inscrivent dans la durée car le temps est un élément important de la relation. Nous avons parfois tendance à l’oublier. La mise en relation avec un partenaire allemand prend plus de temps qu’avec un homologue latin. Les processus de décision sont plus longs que chez nous. Soyons donc patients, mais surtout persévérants.